Déclaration commune des coprésidentes du Comité consultatif spécial sur l’épidémie de surdoses d’opioïdes – Nouvelle modélisation du nombre projeté de décès liés aux opioïdes et données nationales actualisées sur la crise des opioïdes

Déclaration

Le 23 juin 2021 | Ottawa (Ontario) | Agence de la santé publique du Canada

Les coprésidentes du Comité consultatif spécial fédéral-provincial-territorial sur l’épidémie de surdoses d’opioïdes, la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada, et la Dre Jennifer Russell, médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, ont émis aujourd’hui la déclaration qui suit au sujet de la publication de la nouvelle modélisation du nombre projeté de décès liés aux opioïdes et des données actualisées sur les méfaits liés aux opioïdes et aux stimulants au Canada.

La crise des surdoses d’opioïdes s’est sans cesse aggravée pendant la pandémie de COVID-19 au Canada. Les dernières données nationales confirment que 2020 a été la pire année sur le plan des surdoses et des décès au pays depuis que l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a commencé à surveiller la crise en 2016. Malheureusement, 6 214 personnes à travers le pays sont décédées l’an dernier de surdoses liées aux opioïdes. En moyenne, ce sont 17 personnes qui sont mortes et 14 personnes qui ont été hospitalisées chaque jour en 2020 en raison de surdoses liées à ces substances.

Hélas, les nouvelles projections découlant de la modélisation faite par l’ASPC donnent à penser que le nombre de décès liés aux opioïdes pourrait continuer à augmenter, ou rester élevé, jusqu’à la fin de 2021. Selon ces projections, il semblerait qu’entre 1 600 et 2 000 personnes pourraient perdre la vie au Canada chaque trimestre cette année. Les résultats des modèles de simulation comme celui-ci ne sont pas des prédictions, mais ils mettent en lumière l’importance capitale de prendre de nouvelles mesures pour faire face à cette crise. Ils peuvent aider les gouvernements et les organismes de santé publique à comprendre ce qui pourrait se passer selon différents scénarios et à orienter les actions pour aider à sauver des vies.

Il est probable qu’un certain nombre de facteurs ait contribué à la progression de la crise des surdoses d’opioïdes pendant la pandémie de COVID-19 au Canada, notamment la toxicité et l’imprévisibilité accrues de l’approvisionnement en drogues, les sentiments exacerbés d’isolement, de stress, d’anxiété et de dépression, ainsi que la disponibilité ou l’accessibilité limitées des services sociosanitaires pour les personnes qui consomment de la drogue, notamment les services de réduction des risques et les traitements permettant de sauver des vies.

Les gouvernements et organismes de partout au pays, ainsi que des gens qui ont une expérience concrète de la consommation de substances, travaillent de concert à diverses mesures susceptibles d’aider les personnes qui consomment de la drogue et de sauver des vies. Au nombre de ces actions figurent l’amélioration de l’accès à la naloxone et de sa distribution, la formation à l’intervention en cas de surdose, la multiplication des services de réduction des méfaits et de traitement, tels que les programmes d’approvisionnement à moindre risque, le traitement par agonistes opioïdes, les sites de consommation supervisée et de prévention des surdoses, ainsi que le soutien en matière de santé mentale, et la réduction des obstacles aux soins, par exemple la stigmatisation.

Compte tenu des répercussions constantes de cette crise, nous soulignons, au nom de nos collègues provinciaux et territoriaux, combien il est important de poursuivre les efforts collectifs pour lutter contre la consommation de substances et aider les gens à obtenir les soutiens appropriés. Les préjudices liés à la consommation de substances touchent les collectivités de tout le pays et les gens de tous les horizons, mais il sera particulièrement important de soutenir les personnes les plus touchées, comme les collectivités de l’Ouest canadien et de l’Ontario, les hommes et les Canadiens âgés de 20 à 49 ans.

Parallèlement, nous devons continuer à recueillir des éléments probants pour mieux comprendre la complexité de la crise des surdoses, dont les autres facteurs entrant en ligne de compte dans les méfaits liés aux substances, comme les conditions de vie individuelles et la consommation de plus d’une substance en même temps. Par exemple, les dernières données indiquent que la moitié des décès liés aux opioïdes en 2020 mettaient également en cause un stimulant (cocaïne, méthamphétamine, etc.), ce qui indique que cette crise ne se limite pas à la consommation d’une seule substance toxique.

Les données publiées aujourd’hui illustrent les effets dévastateurs généralisés de la pandémie de COVID-19, notamment sur les personnes qui consomment des drogues. Nous encourageons tous les décideurs, les professionnels de la santé, les fournisseurs de services, ainsi que les familles et les amis qui soutiennent leurs proches aux prises avec un problème de consommation de drogue, à en apprendre davantage sur les dernières données et sur ce qu’ils peuvent faire pour aider à prévenir les surdoses et à sauver des vies.

Dre Theresa Tam
Administratrice en chef de la santé publique du Canada
Coprésidente, Comité consultatif spécial sur l’épidémie de surdoses d’opioïdes

Dre Jennifer Russell
Médecin-hygiéniste en chef adjointe, Nouveau-Brunswick
Coprésidente, Comité consultatif spécial sur l’épidémie de surdoses d’opioïdes

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